Madame DC, novembre 2014 – Cliente

Après avoir vécu une enfance traumatisée au travers de maltraitances verbales, physiques, agressions sexuelles et incestueuses, j’ai rencontré d’énormes difficultés à accorder ma confiance et à avoir des contacts avec autrui. Avoir des contacts physiques quels qu’ils soient était pour moi impossible car les viols subis représentaient une destruction inéluctable de mon être et je compare cela à un crime.
Après de telles agressions, j’ai développé des symptômes très importants tels que: peur, angoisses, tentatives de suicide, inhibition sexuelle ; j’étais atteinte dans mon intimité. Tant que je n’avais pas entamé un parcours de soins, j’ai pendant de nombreuses années continué à souffrir.
Après toutes ces épreuves, j’ai survécu comme j’ai pu et c’est dire combien l’envie de vivre était en moi mais, très souvent, le passé traumatique envahissait le présent avec parfois l’envie de mourir.
Aussi, à l’âge de 51 ans, après plusieurs expériences psychothérapeutiques qui ne m’ont pas permis de sortir de cet enfer, j’ai fait connaissance d’une psychothérapeute qui pratiquait l’EMDR (Désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) et par la suite l’Intégration du Cycle de la Vie (ICV).
En effet, l’EMDR ne me permettant pas de sortir de mes traumatismes, nous avons alors abordé et privilégié la thérapie ICV, approche à laquelle j’ai adhéré de suite parce qu’elle fut plus douce, moins traumatisante que l’EMDR.
C’est donc par cette technique que j’ai soigné mes maux et réparé mon corps.
Mon corps a souffert et il devait lui aussi bénéficier de soins avec des thérapies corporelles pratiquées par des thérapeutes et soignants connaissant bien le sujet.
L’ICV m’a amenée à écrire mes tranches de vie (film de ma vie de ma naissance à ce jour).
A travers mes souvenirs que ma praticienne répétait à plusieurs reprises, elle m’a aidée à comprendre mes comportements. En visionnant ainsi le film de ma vie à répétition, cela m’a fait prendre conscience de ce qui a été vécu au plus profond de moi durant mon enfance, mais que j’avais également déployé, après ces années de cauchemar, des ressources de survie telles que les nombreux voyages culturels que j’ai pu faire, ma vie professionnelle pour sortir de la misère que j’avais connue, …
Mais surtout je me suis détachée de ce passé. Cette thérapie m‘a ainsi permis d’intégrer ces périodes traumatiques dans le passé et non dans le présent.
Un exemple flagrant qui me permet de constater que j’ai dépassé mes traumatismes: quand j’arrivais dans la maison de mon enfance, je ne me sentais pas bien, cela réactivait les traumatismes corporels endurés pendant des années. Aujourd’hui, mon corps ne réagit plus à ce lieu, à ces souvenirs, il a intégré que c’était du passé. Après un sérieux travail avec l’ICV et une thérapie de 6 ans, j’ai mis des choses en place pour
avancer, dépasser mes blocages et quitter l’aspect négatif des traumatismes vécus.
Aujourd’hui, à 57 ans, je ne vis plus dans le passé, je me sens libre, paisible, optimiste, libérée d’un poids, je suis présente à l’intérieur de moi, à l’écoute de moi-même et chose extraordinaire, je découvre la vie.
De plus, j’aborde les problèmes et les gère plus sereinement. Mes relations avec autrui ne sont plus sous l’emprise de la crainte et de la peur que l’on me fasse du mal. J’ai vaincu mes appréhensions et j’ai enfin de réelles complicités avec certaines personnes, choses pour lesquelles je me sentais totalement incapable auparavant.
Ma vie s’en trouve bouleversée. C’est vraiment une belle réparation qui n’est pas que superficielle mais bien en profondeur et, de surcroît, je suis sur un parcours de changement et d’évolution.
Oui, on peut se réparer de telles violences et se remettre dans la vie. C’est une renaissance complète et de beaux projets de vie sont maintenant possibles.
Je remercie vivement ma thérapeute qui a traité mes maux par la technique de l’Intégration du Cycle de la Vie et je me réjouis de vivre cette renaissance.
Ce fut LA technique qui m’a permis de sortir de cet enfer, de cette prison dans laquelle j’étais enfermée. Sans cela, je ne sais pas où je serais actuellement….
Il me paraît nécessaire et très important de parler de cette technique «au grand jour» car celle-ci est méconnue du grand public et il est primordial de «sauver» d’autres personnes embrigadées dans une violence qui les tue à terme.


E. P. – Cliente

Je suis psychologue et thérapeute systémique, formée à l’EMDR. Je pratique l’ICV depuis 2015. Cette thérapie m’apporte des éléments précieux pour accompagner mes patients. Les caractéristiques principales qui m’ont convaincue :

  • L’ICV s’appuie sur l’accordage du thérapeute au vécu du patient. Elle ainsi met au premier plan de son action les compétences cliniques du thérapeute et la qualité de la relation client-thérapeute. • Les bases théorique de l’ICV reposent sur les résultats des études en neurosciences et sur les théories de l’attachement. C’est une thérapie qui tient compte de l’évolution des connaissances et y participe en se laissant interroger par la pratique.
  • L’ICV sollicite l’ensemble corps-esprit de la personne ce qui permet d’apaiser ce qui est inscrit dans le corps et le système gérant les émotions et qui est inaccessible par la parole seule.
  • L’impact de l’ICV agit en profondeur et de manière définitive. Différents niveaux de travail peuvent être ciblés en fonction de la demande du patient et des priorités établies, de l’événement ponctuel au renforcement psychique profond. Quel que soit le traitement, le patient suit son cheminement propre pour retraiter la problématique. L’ICV met la personne et son identité propre au centre de son action et travaille sur le fond plutôt que sur le symptôme.
  • La technique de traitement des souvenirs par l’ICV expose le patient à minima aux souvenirs passés, évitant ainsi la réactivation des traumatismes. L’outil est conçu de telle sorte qu’il guide le patient vers la sécurité actuelle du présent. Bien qu’elle ne permette pas l’économie du remaniement neuronal nécessaire au retraitement des événements ciblés, la méthode est rapidement apaisante.
  • Enfin, l’ICV apporte une nouvelle dimension : le renforcement de la continuité du soi dans le temps. Il en découle un meilleur accès aux ressources existantes, une meilleure disponibilité pour développer de nouvelles compétences, une capacité d’affirmation de soi accrue, un bien-être général naturel et une meilleure aptitude à la gestion des situations stressantes. Il s’agit bien d’une Intégration du Cycle de la Vie.

Un bémol cependant : l’ICV agit par delà notre maîtrise consciente. La compréhension du processus est globale et le résultat davantage perçu qu’expliqué. Plus le patient est à distance de son ressenti, plus il intellectualise, plus il lui sera difficile d’accepter le processus. Certains patients ne sont pas disposés à faire le pari de la répétition en attendant d’accéder à la perception des effets de la thérapie et à l’observation du résultat obtenu.

Le travail avec l’ICV m’a permis de travailler sereinement avec des patients très traumatisés et très en souffrance, de conceptualiser des situations complexes et ardues avec clarté et en confiance dans la possibilité d’une amélioration. Je considère que cette approche permet de prendre soin des plus malmenés par la vie. Quand les personnes sont bien installées et sereines dans la vie courante, l’ICV permet aussi de traiter simplement et rapidement des événements ponctuels ayant créé un choc (TSPT, deuil), accroît la confiance en soi et la capacité à gérer ses émotions, ou aide à clore une relation difficile à dépasser. Les bénéfices sont rapides, même si, comme on peut s’y attendre, le temps de travail pour obtenir un apaisement complet est relatif à la complexité de la situation. Néanmoins, le patient peut être déstabilisé par le support qui est répétitif et qui ne fait pas appel au raisonnement. On doit se laisser porter et s’autoriser à vivre différemment chaque séance (car c’est le cas) malgré une forme qui est parfois identique. Je comprends les personnes qui ont du mal à entrer dans la démarche mais je les encourage à poursuivre en considérant que recevoir c’est aussi agir. Il se passe toujours quelque chose d’utile.
EP